Selon Fethi Benslama, psychanalyste, la discrimination est une forme d’« extermination sociale, car un être humain qui est empêché d’accéder à des fonctions, des services et des droits dans la communauté où il vit est un homme qui périt aux yeux de la communauté humaine »*.
Or, en raison d’un refus encore massif de qualifier juridiquement et sociétalement le phénomène, les victimes oscillent entre négation de leur propre ressenti, intériorisation du stigmate qui les vise, évitement, généralisation... Pour les accompagner, il est utile d’une part, de sortir de la confusion entre les notions : racisme, discrimination, inégalités, relégation territoriale...et leurs spécificités juridiques. D’autre part, les intervenants sont parfois eux aussi gagnés par un sentiment d’impuissance et ne savent pas alors comment se saisir de cette réalité. Dans cette formation, il s’agit d’aller au-delà de la libération de la parole, afin de renforcer le recours à la loi et le pouvoir d’agir individuel et collectif.
*BLIER J.-M. et al., Discriminations raciales, pour en finir, Guide France info, éd. Jacob-Duvernet, 2001
Le secteur socioéducatif est une sphère professionnelle où l’ensemble des acteurs sont a priori convaincus du bien-fondé de la lutte contre les discriminations et de l’implication que cette lutte requiert au quotidien de la part de tous les membres de la société. Néanmoins il n’est pas toujours évident d’appréhender précisément ce qu’est une discrimination, et d’être en mesure de déceler ce phénomène. Ensuite, même lorsqu’une situation discriminatoire est identifiée, ces acteurs peuvent éprouver un sentiment d’impuissance et ne pas savoir comment agir ni quelle stratégie mettre en place.
ANTHROPOS CONSULTANTS